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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 14:24

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J’aime les moments de solitude nocturne et retranchée. Amour, sommeil et lectures y figurent parfois...

Lorsque je quitte le lit conjugal pour éviter à l’autre, la gêne de la lumière, durant mes heures d’insomnie, je vais lover mon corps au creux du lit de la chambre d’amis. Cet espace est appelé « chambre de la poésie » par l’ensemble du foyer, à cause de la multitude de livres (de poésie) posés sur les étagères IKEA (achetées pour la circonstance). En effet,  j’ai récupéré d’une bibliothèque parisienne, une série de volumes destinés à la poubelle.

Je les parcours au creux de mes nuits. Sur le matelas, j’installe confortablement mon chaos et entrepose des piles de bouquins. Au matin, je me réveille souvent entourée d’une forteresse de pages. Cette nuit, je suis tombée sur Le Temps s'empierre  premier livre de Jean-Claude Bourdais, publié par Guy Chambelland en 1983 (Le Pont de L’épée).

 

 

Jean-Claude Bourdais : Ce livre est fait à partir de l'effacement d'un livre de Christian Dufourquet (Le cri du cochon quand on l'égorge) qu'il avait décidé de détruire. J'ai choisi sur chaque page ce que je voulais garder en maquillant au blanc et à l'encre de Chine ce qui ne me plaisait pas.

Ecriture donc à partir d'un Autre, d'un autre auteur, d'un autre objet livre.

Ce qui explique le " pré-effacé" de Dufourquet.:

Né en

né je

mon ombre

est blanche

 

né je

né en

mon nom

est sans lieu

 

ma véritable préface étant:

tant d'espace

ensanglanté

que je n'ai rien fait

que je m'avoue

la pureté

par tant d'élan

bloqué

 

Pour ceux que cela intéresserait, voici le lien du journal de bord de l’auteur :

http://www.jcbourdais.net/journal2011/06-juin2011/2011_06_28.php

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Published by juliette boutillier - dans poésie
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 17:41

tresors

Dans les vertes prairies

Les fleurs épanouies

Bleues pour les garçons

Jaunes pour les cochons

Rouges pour la bien-aimée

Blanches pour les trépassés

 

Heiner Müller

 

Certains vont cueillir des fleurs

Tandis que d’autres ramassent les restes

des morts…

 

 

 

Imaginez: Une grande enveloppe gisant au fond d’un sac poubelle, sur laquelle est inscrit à la main phrases pour poésie. Avec à l’intérieur, des centaines, des milliers de phrases découpées attendant de s’envoler en un énigmatique cadavre exquis poétique.

Une collection de L’autre Journal parcouru fébrilement d’articles aussi intrigants que ceux de Marguerite Duras (la lecture dans le train)et d’entretiens de Gilles Deleuze.

D’immenses portraits photographiques de Jean-Pierre Léaud, Simone Signoret, Adolf Hitler s’affichant en première page de L’EXPRESS.

Les coordonnées d’Aragon, d’Arrabal, de Bataille, de Julian Beck, de Roland Barthes, de Robert Bresson, tous à la page  « A » et« B » d’un calepin téléphonique en cuir rouge. Au hasard, à la page « L », les noms : Lacan, Le Clezio, Lacarriere…

Une pile de classeurs d’écolier, grand format, dans lesquels, sous pochettes plastifiées sont répertoriées des photographies de speakerine télévisuelles des années 50 ainsi que des clichés de films érotiques. Tous issus d’images télévisées aux couleur bleutée.

Une collection de livres reliés de plastique rouge portant sur la résistance. Avec parfois en première page, la trace d’une dédicace. Une écriture, une fleur collée.

 

Imaginez tous ces choses posées à même le trottoir ou sur une poubelle, entassées au fond d’une cour ou encore entreposées dans le placard d’une caravane, isolée dans un bois cévenol.

 

Ne cherchez pas de lien (hormis celui de cohabiter) mais envisagez plutôt cette série comme des objets ayant appartenus à des morts (détritus mis au rebut par des vivants) et devenus désormais miens. Ce sont les sujets de ma collection estivale, mes trésors de vacances. Je suis leur vassale. Sur lesquels je m’endors et m’éparpille, rêve et me disperse. J’estime avoir hérité d’un legs inestimable, matière à fantasmes, magot à la peau de Pandore. Avec ces bouts de papiers, fragilisés par l’empreinte du temps,  je dialogue avec des morts anonymes. Je me préoccupe de leurs obsessions. Je m’adonne à leur passion.

 

Je m’identifie à la pensée d’Henri Bosco « je pense que les vieilles maisons, les jardins et jusqu’aux moindres objets conservent toujours la trace de leurs anciens propriétaires : strates successives, invisibles à la plupart des humains, mais palpables et bien réelles pour moi ».

 

Au hasard de mes déambulations à pieds ou à vélo, je ne cesse de récupérer. Je me réapproprie quotidiennement une batteries de souvenirs à la mémoire incertaine.  Je tiens à préciser que je ne force en rien, ces trouvailles. Je suis juste attentive. Et si j’étais mystique, peut être alors pourrais-je dire comme Gabrielle :

 

 

Suffit que je demande et Dieu me donne. C'est toujours comme ça. Et je reconnais c'est vraiment Dieu qui me l'a donné. Vous savez ce qui est bien c'est que c'est exactement comme il me demande. C'est pas qu'il me donne comme ci ou comme ça, non. Il me le donne tel que moi je le demande c'est ça qui est beau. Par exemple j'aime beaucoup lire le journal. Et ça me fait mal au coeur de donner des sous pour ça. Je pourrais à la rigueur mais j'ai mes oeuvres. Une fois par semaine je l'achète pour les chroniques religieuses mais bon ça me fait mal au coeur de donner des sous pour ça. Alors je dis à Dieu...Enfin on fait pas exactement comme ça. On peut pas dire à Dieu "Eh donne moi un journal".  

C'est pas possible. Mais dès fois il me fait dérouter hein. Il me fait dérouter de mon chemin. Je vaux aller là et hop je me retrouve là-bas. Et après je comprends par après pourquoi c'est dieu qui voulait que j'aille par là-bas. Parce qu'il voulait m'emmener, il voulait me dire quelque chose, il voulait me donner...Justement autre chose que ce que j'avais demandé. Vous voyez c'est  toujours comme ça. C'est simple. Vous savez je sais vivre. J'ai appris à attacher les deux choses par les deux bouts. Et je tiens. Et c'est comme ça qu'on a besoin de rien.

 

Eh ben un jour, par exemple,  je voyais dans le métro une dame avec un foulard avec des fils dorés. Et moi qui suis pourtant pas pour les toilettes je trouvais ça tellement beau.  Ce petit foulard relevait sa toilette. C’était simple. Et je me suis dit à l’occasion je m’en procurerai un pour camoufler un peu que je suis jamais habillée en toilette.  Si vous voulez. Et parce que ça relèverait un peu ma toilette. Et voilà. Ce même jour en marchant en montant sur le métro sur les marches de l’escalator je voyais quelque chose qui flottait dans le dedans de l’escalator.  Et c’était comme une loque. Je me suis dit je vais l’enlever parce qu’il pourrait bloquer l’escalator ou bien quelqu’un pourrait tomber dans le dedans. Je relève cette loque eh ben c’était une magnifique écharpe avec du fil doré s’il vous plaît! Je le secouais  je l’embrassais. J’ai dit: « Mon Dieu, merci! » j’ai dit. Il m’a servi sur le champ..

 

Un autre jour je devais partir pour la journée et alors d’habitude je prends toujours avec moi à boire et à manger dans mon sac. Parce que je  peux pas me permettre d’aller au restaurant faire des frais et je pourrais à la rigueur mais j’ai aussi mes œuvres et je tiens beaucoup à mes œuvres. Ca fait que comme j’avais encore à manger j’allais le prendre avec moi. Et voilà.  J’ai oublié. En étant dehors j’ai commencé à avoir faim.  J’ai commencé à avoir soif. Je m’aperçois que j’ai rien avec moi. Et alors je me suis dit: « Tant pis, tu seras punie. Puisque tu as tout ce qu’il faut à la maison et que tu n’as rien apporté, et bien tu mangeras quand tu rentreras. »  Mais je ne rentrais que le soir. Et la faim me tenaillait. Et la soif aussi. Et j’ai dit  « c’est pas possible que je dépense un seul franc alors que j’ai à boire et à manger à la maison et que j’ai oublié et qu’il vont être gâtés pour demain j’ai dit non tu n’auras pas ».

J’ai lutté contre la faim et la soif au moins jusqu’à après le dîner. Et le bon Dieu en avait marre de voir que j’avais faim et que j’avais soif. Eh bien en marchant sur la rue qu’est-ce que je trouve? Sur un banc, déposé, magnifiquement emballé, un paquet, non deux paquets, l’un sur l’autre, je le déballe , l’un était au jambon et l’autre était au fromage. Impeccablement emballés. Sortis du magasin. Alors j’ai pris ce paquet. Je l’ai embrassé. Je l’ai ouvert et avec des larmes aux yeux j’ai dit au bon Dieu mais en taquinant « Mon Dieu, mais tu as oublié la serviette et les fleurs. » Voilà.

 

 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 14:20

P1150996

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 17:17

eau manosque

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 20:53

 

 

ici le 17 avril

 

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Et zut de zut ! Bougre d’imbécile, je suis fâchée. Cette plaque m’a intriguée et j’étais contente d’avoir trouvé cette inscription durant le temps des vacances, lors d’une visite hasardeuse au sein du Musée de la Moto et du Vélo installé au château de Bosc à Domazan,  village des côtes du Rhône, entre Nîmes et Avignon (par ailleurs, magnifique…). Je voulais la partager comme une inscription importante et troublante. Intrigante. Réfléchir à. Ecrire sur. Je pensais qu’elle s’inscrivait dans ce lieu. Précisément. Qu’elle n’appartenait qu’à lui. Qu’elle racontait une histoire, son histoire. Et que l’on aurait pu rêver ensemble. Dire que ce qui ne se passe pas est déjà quelque chose qui se passe. Forcément. Parler du temps qui se passe et du Rien.  Mais alors voilà : en cherchant sur Internet, je me rends compte qu’il ne s’agit que d’un plagiat. Cette plaque existe à des centaines (des milliers ?) d’exemplaires. Dans d'autres régions de France. Elle s'achete pour 20 euros. Pale reproduction d’un canular qui m’énerve. Il ne faut pas jouer avec. Il faut tenter d’écrire les anecdotes comme des actes véritables.  Penser que du rien il peut naître du grand. Mais s’il ne s’agit que d’une reproduction : il n’y a plus rien à dire. Je perd du temps, puisque rien n’est véritable. Les doigts frappent les touches du clavier, pour rien. Et le Rien se dissout dans le tout. Je regrette de n’avoir jamais étudié la philosophie. Je vais lire les philosophes. Les pensées de certains qui font que l’anecdote se transforme en universel. Rien de marquant ne s’est donc passé le 17 avril de cette année ? Peut être une femme s’est elle coupée les ongles des pieds, peut être une grande révolution ? Je suis fâchée. Il est 21h 14, Jacques n’est toujours pas rentré. Il soigne encore des gens. Et j'écris ce texte débile au lieu de ranger les vetements issus du corps des valises...

Quelqu’un peut il m’expliquer mon irritation ? La sensation que j’éprouve à perdre du temps ? Disproportionnée ? Pourquoi suis je si énervée ? Parce que je n’ai pas la primauté de découvrir une oeuvre unique ? Je préfère lorsque la forme de la variation ou de la série en art, s’exprime franchement et s’assume comme telle. Je me sens trompée, trahie. C’est bête hein ?

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Published by juliette boutillier - dans quotidien
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:26

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IMG 1839 

 

Dialogue entre une tante et son neveu :

 

Le neveu. mais j’en ai marre mais marre… Je m’ennuie.

La tante. Pourquoi ? Ca ne te plait pas.

Le neveu. L’art c’est ennuyant. Moi je trouve que l’art, ça pue des pieds.

La tante. Mais qu’est ce que tu voudrais faire ?

Le neveu. Mais je sais pas moi. Des choses physiques…. Lire les formules magiques d’Harry Potter.

La tante. Tu veux qu’on parte ?

Le neveu. Oui !

 

Et César et moi avons quitté la ville fertile pour des activités plus fécondes. A la maison, nous jouons au flipper et au supermarché, nous achetons de la limonade pour faire des recettes de potion. Parfois, on sort. On emmène Victor le chien, courir après les chiennes, dans le parc à côté. Et c'est très bien comme ça.

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 10:57

un homme peint
un homme peint
par juliette boutillier

Alors que j'avais surpris  la Fontaine Igor Stravinski à Paris devant Beaubourg de Nicky de Saint Phalle, gelée, les pieds dans la glace, voici qu'en été, un peintre anonyme s'attelle à rafistoler derrière ce même bassin, le visage d'un homme qui fait "chut". Les paysages urbains évoluent et savent raconter des histoires à qui savent les écouter. Dans le silence.

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Published by juliette boutillier - dans art éphémère
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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 17:45

 


Rien n'a changé.

Presqu'un an jour pour jour après l'ouverture de ce blog, je reviens.

Juste quelques rides au coin de l'oeil.

Mais toujours les mêmes pigeons.

Anatole attend sa petite soeur.

Un autre neveu est arrivé, Ruben. Et Madeleine.

Marguerite entre de plein pieds dans l'adolescence.

Avec fragilité.

Je continue.

Merci à ceux qui m'ont fait savoir que mon absence leur manquait.

Des images d'Hélène, la voix de Marguerite. des phrases extraites du livre C'est l'histoire d'un type de Pierre Tilman.

A bientôt. juliette

 

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Published by juliette boutillier - dans quotidien
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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 12:28

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Je ressors de mes archives quelques clichés colorés.

Un vent de douce folie soufflait pendant cette après-midi de mars 2004 , à la scierie d’Achille Les élèves de l’époque recherchaient  avec sérieux le grotesque, la démesure liés au carnaval.

Ce groupe d’amateurs se lâchait et s’engageait avec passion dans une aventure fébrile, sans filet et sans parasiter la recherche de questions platement « psychologiques ». Une incarnation brute, à la volée, et qui faisait exploser toute idée préconçue. Je me souviens avoir été dépassée parfois par leur fougue adolescente, leurs propositions graveleuses.

Selon les groupes, il n’en a pas toujours été ainsi. Pour ces jeunes  - dont la plupart aujourd’hui s’est engagée sur des chemins plus conventionnels –une pensée émue en ce mois de juillet à l’actualité morose où la farce grotesque de l’affaire Bettencourt -Eric Woerth n’arrive plus à me faire sourire ...

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 00:02

dessin vlad copie

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Présentation

  • : Le blog de juliette boutillier
  • Le blog de juliette boutillier
  • : Commode brinquebalante où les tiroirs s'ouvrent sur des petits bouts de rien mélangés à de "grandes choses". Un cabinet de curiosité, de partage et d'archivage où s'exposent des objets du quotidien, du ressenti, des vidéos, des paysages sonores ou spectaculaires ... Un carnet de bord un peu "fatraque" où se côtoient les pages arrachées au magazine "Elle" et les extraits d'Eugène Savitzkaya... Un fourre-tout culinaire où se mélange allègrement l'acidulé de l'intime à l'acidité de l'universel ..
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