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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 12:38


Je téléphone au  plombier quand la chasse d’eau se détraque.

J’appelle le garagiste lorsque les secrets des moteurs me dépassent.

Je paie les services d’Angélique, ma femme de ménage.

Par contre, j’ai toujours repeint les murs de mes appartements et cirer mes chaussures.



Sauf une fois  à Lisbonne… Je me souviens de la dextérité des gestes de l’homme, de ses outils. Une brosse, un repose-pieds


J’aime le mot godillot que je trouve poétique.
















Je cultive l’art de l’accumulation. Je ne sais refuser ni ce que l’on me donne ni ce que je récupère et donc je possède une dizaines de paires. Dimanche, je me suis épuisée à vouloir les astiquer et les ranger. Tout en étalant le cirage, en piétinant d’exaspération devant ce tas obscène, j’ai pensé à ceux qui rêvaient à une montagne de nourriture ou crevaient sous une pluie de mitrailles.


Peinture : Magali Bartheye.

"23 février. Je suis rentrée chargée, aussi lourde que leurs sacs plastiques, légèrement honteuse. J’ai passé toute la soirée à suivre une femme pensant que c’était une real bag ladie jusqu’à ce que je la voie en train de rentrer chez elle, posant sur le pas de la porte ses sacs remplis probablement de commissions. Aujourd’hui je sais comment les reconnaître : à leurs chaussures élimées rafistolées mal adaptées à la marche. Pantoufles défraîchies, tennis avachis, souliers sans lacet, gros godillots de clochards…. Ma mère me disait sans cesse que l’élégance se porte aux extrémités. Définitivement, je ne ferais jamais partie des gens « élégants ». Je n’ai pas une tête à chapeau ni des mains à gants. Je pense aux gants dépareillés, au bonnet rose de Gabrielle...

En marchant, j’ai perdu mon talon gauche et le bouton de mon cabas à sauter en claquant la portière du taxi. Dans ma chambre, le filofax a chuté de la commode et toutes les feuilles de mon carnet d’adresses se sont éparpillées au sol. J’ai fini par me coucher mais avant de m’endormir je lui ai encore écrit une longue lettre de rupture lui disant simplement que tout me devenait insupportable,  épidermique… " (Extrait de mon carnet de bord  pendant la création du spectacle « bag ladies, femmes aux sacs »)

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Published by juliette boutillier - dans quotidien
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  • : Le blog de juliette boutillier
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  • : Commode brinquebalante où les tiroirs s'ouvrent sur des petits bouts de rien mélangés à de "grandes choses". Un cabinet de curiosité, de partage et d'archivage où s'exposent des objets du quotidien, du ressenti, des vidéos, des paysages sonores ou spectaculaires ... Un carnet de bord un peu "fatraque" où se côtoient les pages arrachées au magazine "Elle" et les extraits d'Eugène Savitzkaya... Un fourre-tout culinaire où se mélange allègrement l'acidulé de l'intime à l'acidité de l'universel ..
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